28 mars 2012 – source Le Télégramme

Scientifique, médecin   généticien et essayiste, directeur de recherche à l’Inserm et ancien directeur de l’Institut Cochin, Axel Kahn a également été président de l’université Paris Descartes, de 2007 à 2011. Il est surtout connu du grand public pour ses vulgarisations scientifiques et ses prises de positions sur certaines questions éthiques et philosophiques relatives à la médecine et aux biotechnologies, en particulier au clonage ou aux OGM, notamment en raison de son travail au sein du Comité consultatif national d’éthique de 1992 à 2004. À l’invitation de Marylise Lebranchu, et dans le cadre de la campagne de soutien à François Hollande, il a fait étape lundi, en fin d’après-midi, à la salle Michel-Colombe où il s’est adressé à un public de 160 personnes. AxelKahn affrontera François Fillon lors des prochaines élections législatives à Paris.

 

Quel a été le programme de votre journée marathon dans le Finistère?
«J’ai visité tout d’abord, dans la matinée, un centre de simulation numérique et robotique pour l’apprentissage des techniques de soins à Brest. Puis j’ai rencontré une cinquantaine d’enseignants chercheurs de l’UBO pour débattre avec eux de la loi sur la réforme des universités et le programme de François Hollande. L’après-midi, j’ai tenu à échanger avec un peu plus de 80 chercheurs de la Station biologique de Roscoff sur l’évolution de la recherche depuis 1985 et les priorités à mettre en oeuvre. L’enseignement supérieur et la recherche constituent, en effet, deux axes majeurs pour sortir, à terme, de la crise actuelle».

Quel thème avez-vous développé à Saint-Pol?
«Je suis parti du constat de la déshérence du progrès. Pour la première fois depuis trois siècles, la population pense majoritairement que les enfants vivront moins bien que la génération précédente. Elle a le sentiment d’un retour en arrière. Nous sommes des amoureux déçus du progrès mais je souhaite apporter un message d’optimisme et poser la question de ce qu’on veut faire des fruits du progrès. Bien sûr, il faut affronter la crise actuelle mais ce n’est pas un objectif en soi. Mon propos est de remettre au centre du débat la finalité de l’effort commun. C’est même l’un des problèmes qui doit être au centre de la construction européenne».