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Finances de la ville : d'autres choix étaient possibles

Chaque année, le Conseil municipal vote le compte administratif de la ville. Il s’agit d’une photographie de toutes les opérations financières de l’année écoulée, tant pour le fonctionnement que pour les investissements. Le compte administratif 2008 concerne un budget voté par la précédente majorité. Pour autant, certains choix de l’équipe actuelle ont eu des conséquences sur ce compte et sont révélateurs de véritables choix politiques.

 

L’intercommunalité en question

La Ville de Morlaix, sans avoir des finances florissantes, ne se situe pas non plus au bord du gouffre. La dette de la ville est raisonnable, dans la moyenne des villes de sa strate compte tenu de ses équipements. Les difficultés de la ville reposent davantage sur la faiblesse de l’épargne de gestion qui ne permet pas de dégager des capacités d’autofinancement suffisantes.

Comme dans la plupart des communes les dépenses de personnel représentent la charge de fonctionnement la plus importante. Il ne s’agit pas de dire que la Ville a trop embauché mais plutôt de souligner l’importance de certaines charges qui pèsent sur la Ville. En effet, Morlaix, ville centre d’un vaste territoire, offre de nombreux équipements et services aux habitants de l’ensemble du pays de Morlaix. C’est pourquoi les élus socialistes réclament des transferts, vers Morlaix communauté, de compétences, comme la culture ou la petite enfance, d’équipements comme Langolvas, le Musée et le Théâtre mais aussi de services, comme le service urbanisme. Ces transferts, logiques au regard de leur utilité pour l’ensemble des communes, permettraient de dégager les marges qui font défaut.

 

Un Etat qui ne joue plus son rôle

De plus en plus, le gouvernement se désengage et fait peser sur les collectivités les dérives de sa gestion. En 2008, uniquement sur la Dotation Globale de Fonctionnement, le manque à gagner s’élève à 115 000 euros. Le gouvernement entend faire peser sur les collectivités locales le poids de la dette de l’Etat. Une démarche contre productive quand on sait que ces mêmes collectivités n’ont d’autres choix que de recourir à l’impôt pour faire face à leurs dépenses.

 

Retrouver des capacités d’investissement

Les grands équilibres financiers sont respectés mais il est incontestable que la ville avait des choix à faire pour retrouver des capacités d’autofinancement suffisantes. Il y avait des choix à faire comme nombre de villes en Bretagne et en France. Mais dans ce contexte, marteler que la Ville de Morlaix se trouve au bord de la tutelle relève plus d’un opportunisme de discours que d’une analyse rationnelle de la situation. Ce discours a surtout permis à la nouvelle majorité de justifier des choix politiques, dans la logique du gouvernement qu’elle soutient.

 

Des décisions injustes et inefficaces

Contrairement aux affirmations d’Agnès Le Brun, la fermeture des écoles Emile Zola et du Troudousten n’a pas permis de faire des économies. La majorité refuse d’ailleurs de communiquer le bilan de ces fermetures tant il est désavantageux pour les finances de la ville (270 000€ d’investissements pour « reloger » Diwan et installer une maison de quartier dans les locaux de l’école Emile Zola, mise en place de navettes…). Finalement le Maire a surtout relayé la politique d’économie et de fermeture de poste du gouvernement mise en œuvre  par l’Inspection d’Académie.

Sur un autre registre, dans la droite ligne des pratiques que l’on retrouve au sommet de l’Etat, les diminutions des subventions aux associations (moins 15%) n’ont fait que compenser l’augmentation de l’indemnité des élus (plus 50 % pour le Maire !). Les morlaisiens pourront constater que la solidarité budgétaire s’applique à tous sauf à ceux qui la décident.

 

D’autres choix étaient possibles

La diminution des effectifs imposait de réaliser un diagnostic sur les écoles. Mais le dialogue n’a pas été au rendez vous. Face à la logique comptable de suppression de poste mise en place par l’éducation nationale et face à la restriction de l’accueil en maternelle des enfants de deux ans, la majorité n’a pas lutté et a même accompagné ces dérives. S’il fallait sans doute fermer une école, il était essentiel d’en conserver une sur le quartier Vierge Noire-Troudousten. Cela aurait permis de conserver Diwan à Jean Jaurès et de maintenir le lien social sur ces quartiers.

Les associations ont aussi subit des restrictions. Pourtant, ne pas augmenter l’indemnité des élus aurait permis de maintenir leurs subventions. Les économies réalisées sur les associations représentent 50 000€, autant que le coût annuel de l’augmentation de l’indemnité des élus !

 

Un discours néfaste pour Morlaix

Au regard de tous ces éléments, il est clair que le discours sur une ville dans le rouge, menacée par la tutelle a d’abord permis de justifier des choix politiques. Il était préférable et plus courageux d’assumer ces choix plutôt que de stigmatiser Morlaix, avec un effet négatif sur le moral des morlaisiens et sur l’image de la ville. Un discours qui ne fera que freiner celles et ceux qui souhaitent s’y installer, pour y habiter, y installer une entreprise ou un commerce.

 

 

 

Plan de relance, la majorité renonce à 573 000€

Pour faire face à la crise le gouvernement a mis en place un plan de relance de l’économie. Pour en bénéficier la Ville devait s’engager à investir au moins un euro de plus que la moyenne des investissement des 4 dernières années (3.9 millions d’euros). La Ville aurait alors bénéficié d’un remboursement anticipé du Fonds de Compensation de la TVA (les collectivités locales se font rembourser la TVA par l’Etat). Ce remboursement anticipé constituant une avance la ville n’aurait donc pas eu à emprunter.  Trop frileuse, la majorité ne s’y est pas engagé, ratant ainsi une opportunité d’investir près de 573 000 euros dans l’économie locale. Des investissements supplémentaires qui aurait permis de soutenir l’emploi sans pour autant dégrader les finances de la Ville.

 

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