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Histoire du Parti - Des origines à nos jours

LES ORIGINES DU SOCIALISME

De l’idéal au réel…

C’est dans la première partie du XIXème siècle qu’apparaissent les premiers courants socialistes en France. Les premiers théoriciens socialistes (Saint-Simon, Fourier, Cabet, Leroux) manifestent une grande imagination : d’où leur appellation posthume de « socialistes utopiques ».
Beaucoup de leurs intuitions méritent encore l’intérêt, mais leur influence dans les milieux populaires demeure marginale ;
Au-delà de l’utopie, la réalité s’exprime dans toute sa dureté. Les nouvelles conditions de travail engendrées par la révolution industrielle entraînent des explosions de misère durement réprimées : révolte des Canuts lyonnais en 1831, journées de juin 1848, Commune de Paris en 1871…, autant d’évènements qui mettent au premier plan la « question sociale ».
La révolution de 1848 fait apparaître des divergences entre les démocrates socialistes favorables à la réforme (Ledru-Rollin, Louis Blanc) et les partisans de la violence (Blanqui, Barbès) qui considèrent celle-ci comme le seul moyen susceptible de permettre un changement profond du système économique et social.
Le combat pour la république, contre la monarchie censitaire et contre le second Empire, se conjugue alors avec la lutte contre les nouvelles conditions de travail et de vie engendrées par la révolution industrielle. La gauche républicaine s’organise et cherche à effectuer une synthèse entre la tradition montagnarde de la révolution de 1789-1793 et les questions sociales que le mouvement ouvrier naissant fait surgir.

La Structuration du mouvement ouvrier : du syndical au politique

L’influence des idées anarchisantes et fédéralistes de Proudhon se fait sentir dans la création des premières structures d’organisation. La reconnaissance du droit de grève en 1864 favorise le développement d’un mouvement ouvrier. Mais la violente répression de la Commune décime la Section française de la première internationale, créée en 1864, qui regroupait une élite de militants ouvriers.
La IIème internationale est constituée en 1889 à Paris. L’influence de Karl Marx, notamment par l’intermédiaire de son compagnon de lutte Friedrich Engels, y est d’abord dominance. Cependant, les idées libertaires et anarcho-syndicalistes continuent à influencer une partie du mouvement ouvrier, qui manifeste sa méfiance à l’égard de la politique.
Après la reconnaissance du droit syndical en 1884, la Confédération générale du Travail (CGT) se constitue en 1895. En 1906, elle adopte la « Charte d’Amiens » qui consacre le principe de l’indépendance du syndicalisme par rapport au socialisme politique ;
De là découle l’absence de liens organiques entre partis et syndicats qui distingue fortement le socialisme français de la social-démocratie de l’Europe du Nord. Ceci n’empêche pas l’adhésion du mouvement ouvrier au fonds commun républicain (Cf. les grandes lois républicaines : enseignement et presse en 1881, liberté syndicale en 1884, liberté d’association en 1901, séparation de l’église et de l’Etat en 1905 etc…).

Le socialisme politique s’unifie en 1905 avec la fusion des courants socialistes (guesdistes, blanquistes, réformistes…) dans la nouvelle Section française de l’internationale ouvrière (SFIO). Peu à peu, Jean Jaurès s’impose comme la figure majeure du socialisme français, par son combat pour l’unité, par sa capacité de synthèse entre la république et le socialisme, entre le patriotisme et l’internationalisme, entre les idées marxistes (dont se réclame principalement Jules Guesde) et la tradition de la Révolution Française. La SFIO, qui se veut parti ouvrier, a acquis une large base électorale et militante : les paysans, les ouvriers, les artisans côtoient les intellectuels et les fonctionnaires.

Le double choc : 1914 et 1917

Les principes de l’internationalisme et du pacifisme portés jusqu’alors par le mouvement ouvrier et la IIème internationale sont remis en question par l’adhésion de la SFIO et de la CGT à la politique d’union sacrée. Cependant, la durée de la guerre, les sacrifices et désillusions qu’elle entraîne, vont faire germer une opposition qui s’organise lors de la conférence de Zimmerwald en septembre 1915.
En 1917, la révolution russe accentue une poussée à gauche dans le parti et la « majorité de guerre » est renversée. La SFIO, profondément traumatisée et divisée, se trouve donc devant le choix de l’adhésion à la IIIème Internationale, dirigée par Lénine et les bolchéviques.

LA FRACTURE DE 1920

Le Congrès de Tours et « la vieille maison »

Le Congrès de Tours de décembre 1920 survient après l’échec électoral de 1919 (chambre « bleu horizon ») et l’échec syndical des grandes grèves de 1920. Par ailleurs, les bolchéviques croient à la possibilité d’une révolution mondiale et recherchent la constitution d’une avant-garde révolutionnaire dans chaque pays (Cf. les 21 conditions d’adhésion à la IIIème Internationale, imposées par Lénine).
Les conditions d’une scission sont réunies : le congrès voit l’opposition entre une réaffirmation de la tradition socialiste française (démocratie interne et respect du suffrage universel), telle que l’avait établie Jaurès (discours de Blum) et une volonté révolutionnaire (adhésion à la IIIème Internationale et acceptation du « modèle » bolchévique). Les trois-quarts des congressistes acceptent les 21 conditions. Ils quittent la SFIO pour créer le Parti Communiste Français (SFIC-PCF).
Cette fracture entre communistes et socialistes se retrouve sur le terrain syndical avec la cassure entre la CGT (proche de la SFIO) et la CGT-U (dite « unitaire », liée au PCF).

Pour tous ceux qui avaient décidé de garder la « Vieille Maison », la tâche était difficile ; 20 000 adhérents seulement étaient restés (parmi eux de nombreux élus et des cadres fédéraux). Sous la houlette de Léon Blum et de Paul Faure, la SFIO devient en quelques années la première force de la gauche. Son alliance avec les radicaux permet l’élection d’une majorité de gauche à l’assemblée : le cartel des gauches (1924-1926). La SFIO pratique alors pour la première fois le « soutien sans participation » au gouvernement. Jusqu’au Front Populaire, la SFIO est un parti ni purement réformiste, ni réellement révolutionaire (Cf. analyse de Léon Blum sur la distinction entre « conquête du pouvoir » révolutionnaire et « exercice du pouvoir » temporaire.

Les années trente

En 1933, s’ouvre une crise interne au sein de la SFIO qui débouche sur une scission en novembre. Les néo-socialistes (Déat, Marquet) quittent le parti mais ils sont discrédités en raison de leur complaisance envers le modèle fasciste. En contrecoup, on assiste à un gauchissement du parti et l’affirmation de deux tendances de gauche, l’une autour de Zyromski, et l’autre avec Marceau Pivert.
L’offensive de la droite et la menace fasciste, à partir du 6 février 1934, ouvrent les voies à un mouvement populaire d’ampleur, et bientôt, avec le changement d’orientation décidé par l’Internationale communiste, à l’unité d’action avec le PCF.

LA RÉSISTANCE AU FASCISME

Le Front Populaire

Cette union se concrétise le 14 juillet 1935 au cours d’une cérémonie où des délégués de toute la France prêtent le serment du Rassemblement populaire. Pour la SFIO, comme pour le PCF, il ne s’agissait pas de construire le socialisme.

Le Front Populaire a été ce grand mouvement défensif qui, dans une coalition originale, a regroupé socialistes, communistes, radicaux et syndicalistes de la CGT réunifiée depuis mars 1936, auxquels il faut ajouter de nombreuses associations de gauche (comme la Ligue des Droits de l’Homme).

Après les élections victorieuses de mai 1936, le gouvernement dirigé par Léon Blum, porté par une grande vaque de grèves populaires, réalise un large ensemble de réformes sociales (augmentation des salaires, conventions collectives, congés payés, semaine de 40 heures, etc…) dont certaines ont changé le visage de la France. Les difficultés économiques et les rigidités de l’appareil de production amènent le gouvernement à pratiquer une « pause » dans les réformes sociales.
La question de l’intervention dans la guerre d’Espagne divise socialistes et communistes tandis que les premières réformes étant réalisées, les radicaux se raidissent.
Les derniers mois du gouvernement Blum voient une dégradation de la situation et une diminution de la confiance populaire. Mis en minorité devant le Sénat en juin 1937, le gouvernement démissionne.
Le Front Populaire survit difficilement, Munich et l’échec de la grève de novembre 1938 signent son éclatement définitif. Le bilan du Front Populaire est très positif sur le plan social mais il se termine mal politiquement.
La SFIO sort exsangue et divisée de ces deux années, perdant même sa position d’organisation dominante au sein du mouvement ouvrier français au profit du Parti Communiste. La défaite voit le désarroi de la SFIO et seule une minorité du groupe parlementaire, autour de Léon Blum, en juillet 1940, refuse les pleins pouvoirs à Pétain.

De la Résistance à la Libération

Les socialistes se ressaisissent et s’organisent dès 1940 sous l’impulsion, notamment, de Daniel Mayer.
Présent dans les réseaux de résistance et les maquis, luttant contre l’occupant et les collaborateurs, durement frappé par la répression jusqu’au jour de la libération, le Parti Socialiste clandestin joue un rôle essentiel dans la résistance. Léon Blum, avant d’être déporté, donne l’exemple par son comportement courageux au cours du procès de Riom, obligeant Vichy à l’interrompre en mars 1941. Des membres de la SFIO siègent au Conseil National de la Résistance (CNR). Les socialistes participent au gouvernement avec de Gaulle jusqu’en janvier 1946 puis, selon la formule du tripartisme (SFIO, PCF, MRP), jusqu’en mai 1947.
Les réformes de structure réalisées à la Libération et pendant le tripartisme ont été importantes et continuent de modeler le rivage de la France moderne : vote des femmes, nationalisations, sécurité sociale, comités d’entreprise.

GUERRE FROIDE ET GUERRES COLONIALES

Occupée d’abord à la reconstruction du pays et à la création d’une nouvelle démocratie parlementaire, la SFIO se trouve rapidement confrontée, à l’intérieur, au problème de la concurrence communiste et, à l’extérieur, à la constitution des deux grands blocs antagonistes. Aux élections de 1945, le PCF dépasse pour la première fois la SFIO (26 contre 24 %). Le congrès de septembre 1946 se tient alors que le parti traverse une grave crise d’identité. Guy Mollet anime une tendance de gauche composite qui met en minorité la direction sortante (Daniel Mayer) soutenue par Léon Blum.
Ce dernier propose au parti, mais trop tardivement, de rechercher comment la transformation socialiste peut s’accomplir par la voie démocratique. Refusant de céder à « la peur du qu’en dira-t-on communiste » le vieux leader invite le parti à être d’abord lui-même. Guy Mollet, quant à lui, affirme sa fidélité à la doctrine marxiste, à la lutte des classes, à l’unité d’action avec le PCF et condamne les révisionnistes.
Pour Léon Blum et les socialistes assurant des responsabilités gouvernementales, le souci majeur reste l’instauration du nouveau régime parlementaire sur le plan intérieur et, à l’extérieur, la recherche d’une troisième voie entre le protectorat américain et la dictature stalinienne.

Ainsi se comprennent les efforts pour créer une Europe forte et indépendante.

En mai 1947 ; le PCF quitte le gouvernement, refusant à la fois la politique indochinoise et le partage de responsabilités gouvernementales de plus en plus lourdes du fait de la grave situation économique et sociale. Dès l’automne 1947, le PCF mène une virulente campagne anti-socialiste et s’affirme comme parti totalement stalinien.

La SFIO, engluée dans la 3ème force (alliance avec les radicaux et le MRP en opposition à la fois aux gaullistes et aux communistes), connaît un effritement de ses positions électorales et un déclin militant. En 1954, c’est Pierre Mendès France, alors membre du Parti Radical Socialiste, qui paraît incarner le renouveau de la gauche non communiste. Les difficultés et les drames de la décolonisation amènent les socialistes à prendre la direction d’un gouvernement de Front Républicain en janvier 1956.

Les réalisations sont notables (traité de Rome sur la CEE, 3ème semaine de congés payés…) mais toute l’action politique du gouvernement de Guy Mollet est hypothéquée par la guerre d’Algérie. Le durcissement de la guerre conduit Pierre Mendès France et Alain Savary à quitter le gouvernement. La SFIO sort profondément divisée et coupée de la jeunesse.
La IV ème République ne survit pas au coup de force des militaires qui, en mai 1958, ramène de Gaulle au pouvoir.

23 juin 1953 Les prémisses d’un parti socialiste européen
La Confédération des partis socialistes de la communauté européenne prend naissance dans le cadre de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA). Ce premier groupe parlementaire socialiste européen annonce une collaboration durable des socialistes allemands et français ou encore travaillistes anglais. Il a pour but de dépasser les clivages nationaux. Une des expressions de cette volonté sera la collaboration entre Mitterrand et Willy Brandt.

LA RECOMPOSITION DE LA GAUCHE

1958 –1965 : Le nouveau paysage socialiste

L’attitude vis-à-vis du régime gaulliste opère un nouveau clivage. Une minorité de la SFIO, d’autres élus de la gauche républicaine comme François Mitterrand et Pierre Mendès France, se dressent contre le « coup d’Etat ». Les minoritaires de la SFIO quittent le parti et fondent le Parti Socialiste Autonome, dirigé par Edouard Depreux et Alain Savary.

En 1960, le PSA fusionne avec de petits mouvements de chrétiens de gauche et de dissidents communistes, l’Union de la gauche socialiste (Gilles Martinet, Claude Bourdet), Tribune du Communisme (Jean Poperen) pour former le Parti Socialiste Unifié (PSU).

François Mitterrand crée la Convention des institutions républicaines (CIR) avec Charles Hernu et Louis Mermaz en 1964, alors que la même année le mouvement syndical annonce son renouvellement : la CFTC se divise, aboutissant à la création de la CFDT sous l’impulsion d’Eugène Descamps. Cette période voit naître un grand nombre de clubs politiques de gauche, Club Jean Moulin, Vie Nouvelle…

Grande fédération ou Union de la gauche ?

A l’approche de l’élection présidentielle de 1965, la SFIO semble hésiter longtemps sur la stratégie à adopter. Gaston Defferre, soutenu par le centre et le centre gauche, songe un moment à être candidat : la candidature de Monsieur « X » échoue du double du fait du MRP et de la SFIO (échec de la « grande fédération »).

Dès 1965, François Mitterrand et la CIR proposent une candidature de gauche non communiste. Un rassemblement s’opère avec la Fédération de la gauche démocratique et socialiste (FGDS) qui aboutit à la candidature de François Mitterrand.
Il sera soutenu par le PCF, puis à un degré moindre par le PSU.
François Mitterrand obtient 32 % des voix au premier tour et 45 % des vois au second tour, à la surprise générale, mettant ainsi de Gaulle en ballottage. La gauche relève la tête et reprend espoir.

En 1966, la FGDS publie son programme et passe avec le PCF un accord électoral de désistement au profit du candidat de gauche le mieux placé. Cet accord est efficace puisqu’il amène l’opposition à un siège de la majorité lors des élections législatives de 1967 ;
La crise de mai 1968 affaiblit la FGDS qui n’a pas pu prendre en charge les interrogations du moment. Après l’échec du référendum et le départ de de Gaulle en 1969, le nouveau Parti Socialiste désigne Gaston Defferre comme candidat à la présidence de la République. L’échec du tandem formé par Gaston Defferre et Pierre Mendès France (un peu plus de 5 % des vois, tandis que Michel Rocard, alors candidat PSU obtient 3,6 % des vois) précipite la recomposition du parti. Le Parti Socialiste s’élargit à Issy-les-Moulineaux : formé de la SFIO (Guy Mollet, Pierre Mauroy, Gaston Defferre, Jean-Pierre Chevènement) de l’URCG (Alain Savary) de l’UCGS (Jean Poperen), il fait de l’unité de la gauche un axe politique.

1971 - 1981 : LE NOUVEAU PARTI SOCIALISTE

La réunification de la famille socialiste

C’est le congrès d’Epinay, en 1971, qui marque l’étape la plus importante de l’unité et de la rénovation du socialisme. Au Parti Socialiste s’agrègent désormais la CIR et une partie du « courant chrétien ». Le congrès d’Epinay élit François Mitterrand comme Premier Secrétaire et donne mandat à sa direction de préparer un accord de gouvernement avec le Parti Communiste Français.
En mars 1972, le congrès de Suresnes adopte le programme « changer la vie ». En juin, le programme commun est signé avec le PCF et contresigné par les Radicaux de Gauche peu après. En mars 1973, les élections donnent plus de 48 % des voix à la gauche .

En 1974, après la mort de Georges Pompidou, François Mitterrand est à nouveau le candidat unique de la gauche. Il échoue de peu face à Valéry Giscard d’Estaing (49,6 % des vois au second tour) et ce résultat marque la progression des socialistes et des forces de gauche dans le pays.
Cette dynamique précipite le rassemblement des courants socialistes, qui se concrétise aux « Assisses du socialisme », en octobre 1974, avec l’entrée d’une partie du PSU (Michel Rocard, Robert Chapuis) de membres de la CFDT (Jacques Chereque, Jacques Delors) et de la 3ème composante (Vie Nouvelle, groupes d’action municipale, objectif socialiste…) qui rejoignent, pour l’essentiel, la majorité du parti.
Au congrès de Pau, en 1975, le CERES de Jean-Pierre Chevènement cesse de faire partie de la majorité du parti et constitue désormais la minorité.

De l’union aux désillusions

Aux élections cantonales de mars 1976, puis aux municipales de 1977, le PS démontre qu’il est devenu le premier parti de France. A parti de 1977, le PCF entame une vaste campagne de surenchères (sur le SMIC, les nationalisations…) et de dénigrement du PS. Il prend ainsi la responsabilité de la rupture de l’union de la gauche qui survient le 23 septembre 1977 et aboutit quelques mois plus tard à l’échec de la gauche aux élections législatives de mars 1978.

Lors du congrès de Mets, en 1979, deux coalitions s’affrontent « mitterrandistes » et CERES d’un côté « rocardiens » et mauroyistes » de l’autre. L’enjeu est double : future élection présidentielle et ligne politique. La ligne défendue par François Mitterrand demeure majoritaire (union de la gauche et affirmation de la volonté de rupture avec le capitalisme). En 1980, le parti élabore un projet qui développe l’orientation majoritaire de Metz.

1981 - 1993 : À L’ÉPREUVE DU POUVOIR

Le premier septennat

Le 10 mai 1981, l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République ouvre une période nouvelle dans l’histoire du socialisme français. C’est la première alternance politique entre la gauche et la droite sous la Vème République. Les élections législatives de juin sont un triomphe pour le PS : pour la première fois de son histoire, il obtient la majorité absolue à l’Assemblée Nationale et devance nettement le PCF qui enregistre un recul certain. Pierre Mauroy forme un gouvernement auquel participent quatre ministres communistes.

Lionel Jospin succède à François Mitterrand à la direction du parti.
Dans un premier temps, des mesures importantes conformes aux 110 propositions du candidat Mittterrand sont adoptées (abolition de la peine de mort, augmentation sensible du SMIC, du minimum vieillesse et des allocations familiales, possibilité de prendre sa retraite à 60 ans, nationalisation, décentralisation, nouveaux droits des travailleurs etc..)
Mais rapidement, la crise économique internationale et les faiblesses persistantes des entreprises françaises conduisent le gouvernement de Pierre Mauroy à opter dès 1982, et surtout en 1983, pour une politique de « rigueur économique ». Ces décisions découlent du choix fondamental de l’économie ouverte et de la construction européenne ;

Les effets positifs de cette politique qui privilégie le renforcement de notre économie se font peur à peu sentir, sauf sur le front du chômage (ce qui entraîne une baisse de la popularité des socialistes). Ceux-ci enregistrent de sévères reculs lors des élections municipales de 1983 et européennes de 1984. Cette même année, la crise de l’école privée contribue à affaiblir le gouvernement et le PS. Le PCF critique de plus en lus nettement la politique du gouvernement auquel i participe.

En juillet 1984, Laurent Fabuis remplace Pierre Mauroy comme Premier Ministre et forme un gouvernement auquel les communistes refusent de participer. Il définit une politique qui allie la modernisation et la solidarité.
Le congrès de Toulouse, en 1985, traduit l’évolution idéologique et politique du parti. Les socialistes perdent les élections législatives de 1986 mais réalisent un bon score (32 % des voix). François Mitterrand demeure président de la République et nomme Jacques Chirac à la tête du gouvernement.

De 1986 à 1988, c’est la « cohabitation ». Le Parti Socialiste est dans l’opposition.

Le deuxième septennat

En 1988, François Mitterrand, à l’issue d’une campagne offensive, est largement réélu avec 54 % des voix. Le candidat socialiste, qui a fait campagne sur le thème de la “France unie”, se prononce pour une certaine ouverture de la majorité. Les élections légis­latives donnent une majorité relative au PS.
Michel Rocard est nommé Premier ministre. En intégrant des personnalités dites d’ouverture, issues de la “société civile” et du centre, son gouvernement reflète la réalité de la majorité présidentielle, mais le PS est le seul grand parti à le soutenir.
Dans le parti, le départ de Lionel Jospin du premier secrétariat provoque des tensions au sein du courant majoritaire mitterrandiste. Pierre Mauroy est élu Premier secrétaire contre Laurent Fabius. Deux ans plus tard, le congrès de Rennes voit s’opposer durement les partisans de la motion I (Mauroy-Mermaz-Jospin) et ceux de la motion 5 (Laurent Fabius). Finalement, Pierre Mauroy est réélu à l’unanimité après une synthèse générale qui associe à la direction du parti l’ensemble des courants qui s’étaient exprimés à travers la présentation de sept motions différentes.

Pierre Mauroy mène à bien une double modernisation :
• Une modernisation statutaire et une réactualisation de la déclaration de principes au congrès de Rennes.
• Une modernisation idéologique avec le congrès de l’Arche consacré au projet socialiste.
Par ailleurs, le PS se dote de nouveaux outils : création de la Fondation Jean Jaurès, du Centre Condorcet et de l’hebdomadaire “Vendredi”.
Entre 1988 et 1992, le président de la République et les gouvernements de Michel Rocard (mai 1988 - juin 1991) puis d’Édith Cresson (juin 1991 - mars 1992) ont donné, à l’extérieur, la priorité à la construction européenne et à la définition d’un nouvel ordre international, après la fin de la guerre froide, l’effondrement du commu­nisme en Europe et l’épreuve de la guerre du Golfe. À l’intérieur, les gouvernements se sont attachés à remplir les engagements pris par François Mitterrand en 1988 dans la “Lettre à tous les Français”. (cf chapitre consacré au bilan).

Le début de l’année 1992 est marqué par de grands changements. Pierre Mauroy quitte la direction du PS, Laurent Fabius devient Premier Secrétaire à l’issue du comité directeur du 9 janvier 1992 et fixe trois objectifs : rénover le parti, rassembler les socialistes et réformer la société française.

Après une défaite électorale sévère aux élections régionales de mars 1992, Pierre Bérégovoy est nommé Premier ministre. Son gouvernement dégage trois grandes priorités : lutte contre la corruption, lutte contre le chômage de longue durée, lutte contre l’insécurité.

Pierre Bérégovoy s’attache également à promouvoir un franc stable.Il réorganise les marchés financiers pour recréer des conditions économiques saines permettant aux entreprises de reconquérir des parts de marché et de parvenir à renouer ainsi avec l’emploi.

Le congrès extraordinaire de Bordeaux, en juillet 1992, adopte le programme, inspiré du projet, pour les élections législatives de 1993. La réforme des statuts “pour le renouveau du parti” fait l’objet d’un consensus entre tous les courants.
Si la période 1981-1993 a été, pour le socialisme français, celle de la transformation réussie en un parti de gouvernement, celui-ci n’échappe pas cependant à l’usure du pouvoir, au discrédit dû au climat des “affaires” et à une situation économique difficile où trois millions de chômeurs sont recensés.

Le PS (avec l’ensemble de la gauche) connaît une sévère défaite aux élections législatives de mars 1993. La droite obtient 458 sièges sur 577. le parti socialiste n’a plus que 54 sièges (contre 258 dans l’assemblée précédente).

1993 - 1997 : UN NOUVEAU CYCLE POLITIQUE

Le parti socialiste, bien que restant le premier parti à gauche, prend conscience de la nécessité de sa remise en cause et de sa reconstruction pour redresser son influence dans son électorat et notamment dans les milieux populaires.
Après le comité directeur du 3 avril 1993 et la démission collective de la direction, une direction provisoire se met en place, présidée par Michel Rocard, qui décide la réunion d’états généraux du parti.
Quelques jours plus tard, le parti socialiste subit un deuil cruel lorsque le 1er mai 1993, Pierre Bérégovoy choisit de se donner la mort.
Aux états généraux de Lyon, en juillet 1993, la parole est donnée aux militants et sympathisants sur le bilan, le projet, la stratégie et le militantisme aujourd’hui.
Les fédérations envoient 2358 délégués (militants et sympathisants) à Lyon.La procédure, inédite, est une réussite, et le rapport final est approuvé à la quasi-unanimité.Les états généraux confirment l’unité du parti remobilisé, sa stratégie de rassemblement à gauche et un redéploiement dans les réseaux associatifs et professionnels.

Au congrès du Bourget, en octobre 1993, trois textes sont soumis aux militants.La motion “Refonder” présentée par Michel Rocard, propose des options différentes sur cinq questions (réduction du temps de travail, commerce international, institutions européennes, institutions, mode de scrutin) sur lesquelles, seuls les militants votant pour ce texte se prononcent. Elle obtient 83% des voix.Les deux autres motions défendues respectivement par Jean Poperen et Louis Mermaz obtiennent 11% et 6%.
le parti définit son programme sur trois thèmes principaux “réduction du temps de travail - nouvelle donne européenne - égalité continue des chances ” et s’engage dans la préparation des Assises de la transformation sociale.
Son Premier secrétaire est élu pour la première fois par le congrès au suffrage direct. Michel Rocard, confirmé à la direction du Parti par 80,92 % des votes du congrès, annonce qu’il conduira la liste socialiste aux élections européennes, sur laquelle la parité “un homme - une femme” sera respectée.

Le redressement marqué par les élections cantonales de mars 1994 ne se confirme pas aux élections européennes de juin. La liste conduite par Michel Rocard n’obtient que 14,6 % des voix, talonnée par la liste de Bernard Tapie. Au conseil national du 19 juin, Michel Rocard est en minorité et un nouveau Premier secrétaire, Henri Emmanuelli, est élu. Il est confirmé par le vote des délégués au congrès de Liévin en novembre 1994. La motion présentée par Henri Emmanuelli recueille 92,15 % des voix contre une motion défendue par de jeunes militants, qui regroupe 7,85 % des voix.
Henri Emmanuelli met en avant une volonté d’opposition au libéralisme dominant.
Mais ce même congrès de Liévin, marqué à gauche, est également dominé par la perspective d’une candidature de Jacques Delors, encore président de la Commission européenne.

En décembre, le retrait de Jacques Delors ouvre une période incertaine. Pour la première fois dans l’histoire, deux candidats à la candidature se confrontent : Henri Emmanuelli et Lionel Jospin qui sont départagés par un vote direct et secret des militants. Le vote avantage largement Lionel Jospin.Ce dernier se trouve investi lors d’une convention de désignation le 5 février 1995, qui marque le lancement de la campagne présidentielle. Trouvant un ton juste, alliant volonté réformatrice et réalisme, réclamant un «droit d’inventaire» sur le bilan socialiste, Lionel Jospin réussit à être en tête des candidats du premier tour, avec plus de 23 % des voix et à regrouper 47,3 % des suffrages au second tour. Ce succès relatif et, parallèlement, le départ de François Mitterrand (qui décèdera quelques mois plus tard, le 8 janvier 1996) de la présidence de la République, inaugurent une nouvelle période pour l’histoire du Parti socialiste. Lors d’un séminaire de la direction nationale, tenu fin juin 1995, Henri Emmanuelli propose de s’effacer et de laisser à Lionel Jospin la responsabilité de conduire les socialistes.

Après un temps de réflexion, ce dernier accepte à la double condition de réaliser l’unanimité des composantes du parti et pouvoir mener à bien une rénovation approfondie des idées et des structures.
Une commission de rénovation se met en place et travaille tout l’été. Elle propose un programme de réformes. Celui-ci, comme l’élection de Lionel Jospin, Premier secrétaire, est soumis au vote direct et secret des militants lors de la Convention nationale du 14 octobre 1995.
L’année 1996 voit le Parti socialiste tenir trois importantes conventions pour redéfinir son projet et préciser ses orientations programmatiques. Sa première se tient les 30 et 31 mars sur “la mondialisation, l’Europe et la France”, la seconde, les 29 et 30 juin, sur “les acteurs de la démocratie” et la troisième, les 14 et 15 décembre 1996, élabore nos propositions économiques et sociales”.

Le Parti ayant ainsi posé les bases d’un programme d’alternance politique pour les élections législatives de 1998, désigne ses candidats en mars 1997, avec une volonté de renouvellement et d’élargissement comme le montre la place Après la dissolution de l’Assembléefaite aux femmes.
nationale décidée par Jacques Chirac le 21 avril 1997, le Parti socialiste est  prêt pour faire face aux
Après un premier tour favorable le 25 mai, la gauche obtient
échéances. le 1er juin 1998 la majorité à l’Assemblée nationale avec les élus du Parti socialiste, du Parti communiste, des Radicaux de Gauche, des Verts et du Mouvement des Citoyens.

Lionel Jospin est appelé par le Président de la République à former le Gouvernement, où toutes les composantes parlementaires de la Gauche sont Une nouvelle période de “cohabitation” commence. François Hollandereprésentées. succède à Lionel Jospin comme Premier secrétaire délégué du Parti.

1997 - 2003 : TENIR NOS ENGAGEMENTS

Alors que le gouvernement de la Gauche plurielle met en œuvre avec succès le programme sur lequel il a été élu - emplois-jeunes, 35 heures, CMU, augmentation du pouvoir d’achat… -, le Parti assume résolument son rôle d’anticipation et de propositions. Trois Conventions Nationales sont organisées. En novembre 1998, la Convention “Quelles entreprises pour quelle société” définit les contours d’un nouveau  “pacte social” où la mobilisation de tous pour une croissance forte et durable aurait pour contrepartie le recul sensible du chômage, de la précarité et de l’exclusion. En mars 1999, la Convention “Nation et Europe” précise notre conception de la construction de l’Union Européenne dans la perspective de son élargissement. En juin 2000, la Convention “Territoires et Citoyens” traite de l’aménagement du territoire, de l’acte II de la décentralisation, des nouvelles formes de démocratie locale. Relancée en mars 1999, la “Revue Socialiste” se fait l’écho de ces débats.

Le Parti affronte victorieusement quatre scrutins majeurs : les élections régionales, cantonales, sénatoriales et européennes. Le référendum sur le Quinquennat du 24 septembre 2000 lui permet d’atteindre un de ses objectifs, dans la perspective d’une démocratisation de nos institutions.

Le Parti s’ouvre également à l’action internationale. Le 27 mai 1999, le 1er meeting des socialistes européens se tient à Paris en soutien à la liste conduite par François Hollande “Construisons notre Europe”. En novembre 1999, Paris accueille le Congrès de l’Internationale Socialiste et celui de l’Internationale Socialiste des femmes. Lionel Jospin à la tête d’une importante délégation française défend un “socialisme moderne” au “sommet des modernisateurs”, à Florence, puis à Berlin.

Le Congrès de Grenoble, « S’engager pour une France plus juste », en novembre 2000 permet de mesurer le chemin parcouru et de définir les objectifs de la nouvelle étape. La lutte pour le plein-emploi et contre le travail précaire demeure l’objectif n°1 des socialistes. Mais la croissance retrouvée pose le problème d’une plus juste répartition des richesses.  Trois motions sont soumises au vote des militants. La première présentée par François Hollande et la grande majorité du Secrétariat national recueille 72,94 % des voix. La troisième présentée par Henri Emmanuelli et Alain Vidalies (ex-courant Poperen) obtient 13,78 % ; la seconde présentée par la “Gauche Socialiste” obtient 13,28 %.

François Hollande est réélu par tous les militants comme Premier Secrétaire du Parti.

Malgré l’absence de “synthèse”, les motions minoritaires intègrent le nouveau Secrétariat du Parti, tandis que Martine Aubry est chargée de l’élaboration du Projet socialiste pour 2002 et au-delà. Uni et en ordre de bataille, le Parti est prêt à affronter les grandes échéances électorales de 2001 et 2002.

Après le Congrès de Grenoble, le 7ème rassemblement des Secrétaires de section du 28 janvier 2001 porte sur le projet municipal et fixe clairement les enjeux afin d’apporter des réponses concrètes aux attentes des concitoyens.
“S’engager pour nos communes”, tel est le slogan des élections municipales et cantonales pour une démocratie au quotidien.

Par le “Manifeste communal et départemental”, à l’horizon 2007, le Parti socialiste souhaite une action pour la qualité de la vie de nos concitoyens en défendant nos valeurs : liberté, égalité, solidarité. Neuf engagements sont pris concernant : l’emploi et les nouvelles technologies, le logement, l’environnement et les transports, la culture et le patrimoine, la solidarité et la santé, la sécurité, le sport, l’éducation, la citoyenneté.

Les 11 et 18 Mars 2001, aux élections municipales, 58 villes de plus de 20 000 habitants ont changé de direction, avec un avantage indiscutable à la droite : 39 villes sont passées de gauche à droite et 19 de droite à gauche. Cette situation est compensée par trois succès de taille : les villes de Paris, Lyon et Dijon.
Pour les cantonales, dans le même temps, le Parti a remporté 6 présidences de Conseils généraux. Une progression de 20 % soit 37 départements dirigés par la gauche, 3 passant à droite.

Le tremblement de terre du 21 avril 2002

La tragédie du 11 septembre 2001 qui est venue frapper les Etats-Unis, au cœur de leur territoire (le Pentagone, le World Trade Center), n’épargne pas la France et une vague de peur du terrorisme secoue la planète.
L’Internationale socialiste, réunie le 6 octobre 2001, consacre la majeure partie de son travail à la paix, à la sécurité dans le monde et à la lutte contre le terrorisme international.

Le 26 Janvier 2002, le texte du Projet des Socialistes « La vie en mieux, la vie ensemble » qui fait rimer liberté avec égalité est approuvé à 93,55 % des votants,.
Le 20 février 2002, Lionel Jospin est désigné candidat à l’élection présidentielle.  “Présider autrement” sera le slogan de sa campagne. Malgré la fidélité à la parole donnée et un bilan positif, Lionel Jospin est battu dès le premier tour. Avec 16,18 %, il passe derrière J-M Le Pen qui obtient 16,86 %, tandis que J. Chirac n’obtient que 19,88 %, et que 28,40 % des électeurs s’abstiennent. Cette élimination du candidat socialiste dès le 1er tour est un choc terrible pour les socialistes. Pour la première fois, il nous a fallu choisir de voter pour le candidat de la droite afin de réduire au minimum le score de l’extrême droite.

Aux législatives des 9 et 16 juin 2002 sur le thème «  Choisissons le progrès, en avant la gauche »,  les candidats socialistes obtiennent, tout de même 25 % des suffrages exprimés et 149  députés,  mais le taux d’abstentions est de 39,71 %.  Dès lors, le Parti s’engage dans un travail de réflexion critique sur son action et s’organise pour être l’axe d’une reconstruction de la gauche, capable de reconquérir la confiance d’une majorité de Français, notamment les plus démunis, en redonnant l’espoir.

À la suite  de ce séisme du 21 avril 2002, 25 000 nouveaux adhérents, dont 40 % de moins de 40 ans, viennent renforcer les rangs du Parti. Un grand « débat militant » s’engage dans les sections et les fédérations dont les « paroles militantes » sont recueillies, le dimanche 15 Décembre 2002, à Montreuil, en vue de la préparation du « Congrès de Dijon » des 16, 17, et 18 Mai 2003. La nature et l’ambition du Parti sont définies comme : un réformisme de gauche.

2003 - 2005 : UN NOUVEAU DÉPART

Au Congrès de Dijon cinq motions sont présentées au vote des militants :
La motion A, conduite par François Hollande : « Pour un grand parti socialiste : Clarifier, rénover, rassembler » obtient 61,37 %, la B « Utopia » : 1,05 %, la C « pour un nouveau Parti socialiste » : 16,88 %, la D : « la motion militante… pour que vive la gauche » : 4,38 % et la E : « Pour un nouveau monde, un autre chemin » : 16,33 %.
Il n’y a pas eu de synthèse avec les motions C, D, E, et les motions minoritaires n’intègrerons pas le Secrétariat national.
François Hollande est réélu Premier secrétaire avec 84,76 % des suffrages exprimés.

Le Parti socialiste est parvenu à tourner la page du 21 avril 2002, en en tirant les leçons, et à se remettre en bon ordre de bataille. Il s’efforce de jouer pleinement son rôle de première force d’opposition à la politique du gouvernement Chirac-Raffarin et du MEDEF. Il est reparti à la conquête de l’électorat populaire, qui lui a fait défaut, en soutenant la lutte des salariés : enseignants, fonctionnaires, chercheurs, salariés du privé victimes de licenciements collectifs, intermittents du spectacle, étudiants. Par ailleurs, dans une Europe élargie à 25, le Parti oeuvre pour un espace privilégié de préservation de l’équilibre entre les objectifs économiques et sociaux. Il s’est porté à la tête de la lutte pour la laïcité, en exigeant, notamment, l’interdiction des signes religieux ostentatoires à l’école.

Au Parlement et dans la rue, il a opposé ses propres propositions de réformes aux mesures de régression sociale voulue par la droite. Cette opposition frontale porte ses fruits :

•    Aux élections régionales des 21 et 28 mars 2004, le Parti socialiste obtient 36 % des suffrages exprimés au premier tour, 1152 des 1880 sièges de conseillers régionaux et emporte 20 régions sur 22 (taux d’abstentions : 34,32 %).
•    Aux élections cantonales de mars 2004, il conquiert, pour la première fois, la majorité des présidences de Conseils généraux (56 contre 49 à la droite) et 839 sièges de Conseillers généraux (taux d’abstentions : 33,51 %).
•    Aux élections européennes du 13 juin 2004, conduites dans 8 grandes circonscriptions, sous le mot d’ordre : « Et maintenant, l’Europe sociale ! », les socialistes recueillent 28,89 % des voix et 31 sièges au Parlement européen. Mais le taux d’abstention est de 57, 21 %.
•    Les élections sénatoriales du 26 septembre 2004 voient 7 nouveaux sénateurs/trices socialistes de plus dans le groupe socialiste.

DU RÉFÉRENDUM AU CONGRÈS DU MANS EN 2005

Pour la commémoration du Centenaire du Parti socialiste, un colloque national est organisé les 22 et 23 avril 2005 à la Bibliothèque nationale de France François Mitterrand, à Paris.

À l’automne 2004 et tout au long de l’année 2005, la question de la ratification du Traité Constitutionnel européen divise profondément les Socialistes entre partisans du oui et partisans du non au Référendum annoncé par Jacques Chirac. Les premiers soulignent les avancées que comporte la Constitution en matière institutionnelle et sociale. Ils affirment que celle-ci n’induit aucun recul par rapport aux Traités antérieurs. Les partisans du non prétendent, au contraire, que le Traité constitutionnel pérennise et favorise la dérive libérale de l’Union européenne et prétendent qu’une réorientation de celui-ci vers une Europe plus sociale, plus démocratique, plus volontaire, passe par la victoire du non.

Le Référendum interne du Parti socialiste, organisé le 1er décembre 2005, voit la victoire des partisans du « oui » (58,62 % contre 41,38 % pour le « non »). Au terme d’une campagne électorale, que les Socialistes ont affronté dans la division, le résultat du Référendum du 29 mai 2005 donne une nette victoire au « non » (54,67 % contre 45,33 % pour le « oui ») avec un taux d’abstention de 30,63 %.
Le Conseil national réuni le 4 juin 2005 pour tirer les leçons du scrutin, remanie la Direction du Parti : Laurent Fabius et ses amis, qui ont défendu le « non », conjointement avec Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon, sont écartés du Secrétariat national et un Congrès de clarification est décidé pour novembre 2005.

Ce Congrès se tient les 18, 19 et 20 novembre 2005 au Mans, aux lendemains des émeutes qui ont embrasé de nombreuses cités déshéritées de France. Cinq motions se disputent le vote des militants.

La motion 1, « Socialistes, pour réussir à gauche : Volonté-Vérité-Unité », conduite par François Hollande recueille 53,5 % des voix ; la 2 : « Rassembler à gauche », conduite par Laurent Fabius, Jean-Luc Mélenchon, Alain Vidalies , obtient 21,2 % ;  la 3 : « Utopia », conduite par Franck Pupunat, recueille 1,04 % ;  la 4 : « Pour un socialisme libéral. Vérité et action », conduite par Jean-
Marie Bockel 0,65 % ; la 5 : « Nouveau Pari socialiste, pour une alternative socialiste », conduite par Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Henri Emmanuelli rassemble 23,6 % des voix.
Chacun proclame sa volonté de tenir compte du message politique du Référendum du 29 mai 2005 et de rassembler les oui de gauche et les non de gauche.

Après de riches et d’âpres débats, le Congrès du Mans s’achève sur une synthèse générale (que refuse toutefois Arnaud Montebourg). Tous les courants du Parti socialiste se retrouvent à sa Direction pour préparer les batailles décisives de l’année 2007.

François Hollande est réélu Premier secrétaire avec 77,13 % des suffrages exprimés.

Une Commission du Projet est mise en place pour donner forme et force au programme socialiste. La désignation du candidat ou de la candidate socialiste à l’élection présidentielle est fixée à novembre 2006.

2006 - 2008 : TEMPS DE CAMPAGNES ÉLECTORALES ET VERS LA RÉNOVATION

En juillet 2006, le projet socialiste : « Réussir ensemble le changement » fixe les grandes orientations de la future campagne présidentielle travail effectué d’élaboration.

Après une pré-campagne présidentielle très médiatisée, Ségolène Royal obtient l’investiture qui l’opposait à Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius pour la Présidentielle. À la présidentielle, elle est battue au 2ème tour du 6 mai 2007 avec 46,94 % des voix contre Nicolas Sarkozy (53,06 %).

Après cet échec, aux Elections législatives du 17 juin 2007, le PS obtient 186 députés sur 577.

Aux élections municipales du 16 mars 2008, les Français renouvellent leur confiance aux élus socialistes et le PS conquiert de grandes villes. Toulouse, Amiens, Caen, Reims, Argenteuil… basculent à gauche.

Aux Cantonales, la gauche gagne plus d’une dizaine de départements. Elle dirige désormais 60 % des villes de plus de 100 000 habitants et 20 régions.

Suite à ce temps électoral, trois forums de la rénovation sont organisés pour actualiser la pensée socialiste :
•    24 novembre 2007 : « Les socialistes et la nation ».
•    15 décembre 2007 : « Les socialistes et le marché ».
•    20 janvier 2008 :  « Les socialistes et l’individu ».

Une nouvelle « Déclaration de principes » d’Avril 2008, débattue pendant de longs mois est soumise au vote des militants le 14 juin 2008.

Enfin, le Congrès du Parti socialiste se tient à Reims les 14, 15 et 16 novembre 2008, le vote sur les motions n’a pas permis de dégager une majorité claire. Mais il a mis en évidence deux faits majeurs : la volonté d’un ancrage à gauche du Parti Socialiste d’une part, la nécessité d’un profond changement des pratiques et d’un renouvellement des équipes dirigeantes d’autre part.

Trois candidats postulent au poste de Premier secrétaire : Martine Aubry, Benoît Hamon et Ségolène Royal. À l’issue du second tour, Martine Aubry devient Première secrétaire du Parti socialiste, avec plus de 50 % des voix.

LES PREMIERS SECRÉTAIRES DEPUIS 1971

13 Juin 1971            24 Janvier 1981        François MITTERRAND
24 Janvier 1981        20 Mai 1988            Lionel JOSPIN
20 Mai 1988            9 Janvier 1992          Pierre MAUROY
9 Janvier 1992        3 Avril 1993               Laurent FABIUS
3 Avril 1993            16 Juin 1994               Michel ROCARD
16 Juin 1994            14 Octobre 1995       Henri EMMANUEILLI
14 Octobre 1995        14 Juin 1997            Lionel JOSPIN
14 Juin 1997            16 Novembre 2008  François HOLLANDE
Depuis le 25 Novembre 2008                  Martine AUBRY
• Guide de l’adhérent, secrétariat national à la Formation, mars 2009

 

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