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Nouvelles internationales Lettre numéro 13 du 8 avril 2009

Au-delà de la récession,

nous sommes face à une crise de civilisation

Contrairement aux crises de ces quinze dernières années - en Asie, au Mexique ou en Russie -, l’actuelle tempête qui s’est abattue sur la planète trouve son origine au centre de l’économie mondiale, aux Etats-Unis. Après avoir atteint l’Eu­rope et le Japon, la crise menace les pays émergents qui bénéficiaient d’une extraordinaire croissance et d’un sain équilibre macroéconomique.

En Amérique du Sud, les dix dernières années ont été mar­quées par un fort processus de croissance, accompagné d’une sensible amélioration sociale, d’une stabilité macro­économique et d’une réduction de la vulnérabilité externe. Ce processus a eu lieu dans un contexte d’expansion et de renforcement de la démocratie.

Les dérives d’un capital financier détaché de la production, additionnées à l’irresponsable déréglementation des mar­chés, ont conduit le monde dans une impasse dont même les responsables sont incapables d’évaluer l’ampleur. La crise a mis au jour les profondes erreurs de politiques économiques présentées comme infaillibles et la fragilité des organismes multilatéraux de Bretton Woods. Elle a montré l’obsolescen­ce des instruments de gouvernance mondiale.

La transformation du G20, jusque-là organisme technique, en instance de chefs de gouvernement des principales écono­mies du monde est positive. Il est cependant important qu’il puisse apporter des solutions capables de contrer les effets dévastateurs de la crise et de conduire vers une profonde reformulation de l’économie internationale à moyen et long termes. La réunion du G20 à Londres ne peut décevoir les attentes. Il est nécessaire de trouver des réponses qui créent les conditions de la relance économique.

Parmi les problèmes les plus urgents, le rétablissement du crédit et la lutte contre le protectionnisme me semblent des thèmes centraux. La chute du commerce mondial et des in­vestissements est liée à l’insuffisance de liquidités dans le monde. Elle pénalise les pays émergents. Il revient donc au FMI d’irriguer l’économie internationale, principalement des pays émergents, afin d’inverser, avant qu’il ne soit trop tard, l’actuelle tendance récessive.

Je sais qu’il ne sera pas facile de conclure le cycle de Doha (négociations au sein de l’OMC sur une nouvelle phase de li­béralisation des échanges), qui était sur le point de l’être l’an dernier. En temps de crise, le protectionnisme, que je qualifie de drogue, augmente. Il entraîne en effet une euphorie pro­visoire mais, à moyen et long termes, finit par engendrer une profonde dépression, avec de funestes conséquences socia­les et politiques, comme le montre l’histoire du XXe siècle.

Démocratiser le FMI

Nous devons démocratiser le FMI et la Banque mondiale. Ces institutions, jadis enclines à donner des leçons aux pays pauvres et en développement, ont été incapables de prévoir et de contrôler le désordre financier qui s’annonçait.

Un autre sujet d’importance est celui de la fin des paradis fiscaux, cette efficace base arrière du trafic de drogue, de la corruption, du crime organisé ou du terrorisme. Depuis l’in­tensification des effets de la crise, j’ai maintenu des contacts avec les dirigeants du monde entier à la recherche d’alterna­tives. J’espère qu’il en résultera, lors de la réunion du G20 à Londres, un ensemble de propositions capables d’apporter une réponse substantielle à la crise.

Ces dernières années, le Brésil a réalisé un immense ef­fort de reconstruction économique. Nous avons adopté des politiques anticycliques qui nous ont rendus moins vulnéra­bles à la crise. Nos programmes de répartition des revenus, qui profitent à plus de 40 millions de personnes, s’articulent avec une politique de réforme agraire, salariale et du crédit qui favorise les plus pauvres et a permis un élargissement considérable du marché intérieur. Le plan d’accélération de la croissance investira, d’ici à 2010, 270 milliards de dollars dans l’économie, révolutionnant l’infrastructure physique, énergétique et sociale du pays.

Nos réserves de change, supérieures à 200 milliards de dol­lars, ont également contribué à la bonne santé de l’écono­mie brésilienne. Nous sommes internationalement créditeurs nets. Notre dette publique représente 36 % du PIB. Notre système bancaire est solide. Les banques d’Etat, responsa­bles de 40 % du crédit, assurent à l’Etat les conditions de régulation de l’économie et de promotion du développement. Je ne me lasse pas de répéter que l’heure de la politique et du rétablissement du rôle de l’Etat est arrivée. Les diri­geants doivent assumer les responsabilités que la société leur a confiées.

Il est important de sauver les banques ou les assureurs pour protéger les dépôts et la protection sociale. Mais il est plus important encore de protéger les emplois et d’encourager la production.

Plus qu’une grave crise économique, nous sommes face à une crise de civilisation. Elle exige de nouveaux paradigmes, de nouveaux modèles de consommation et de nouvelles formes d’organisation de la production. Nous avons besoin d’une société dans laquelle les hommes et les femmes soient acteurs de leur histoire et non victimes de l’irrationalité qui a régné ces dernières années.

Luiz Inácio Lula da Silva

Tribune parue dans Le Monde daté du mars 2009


 

Crise en Moldavie

La Moldavie est une ancienne république soviétique située entre la Russie, la Roumanie et la Mer noire. Cet Etat de 4,3 millions d’habitants est secoué depuis quelques jours par une vague de violence qui retient l’attention des médias occidentaux.

Dimanche 5 avril, il y a eu des élections législatives par­ticulièrement surveillées dans ce pays gouverné aux mains des communistes depuis 2001. Le PC détient la quasi totalité des postes dans les administrations. Les partis d’opposition avaient organisé une manifestation de protestation pour dénoncer la fraude organisée par le parti au pouvoir qui utilise 30 000 personnes ont par­ticipé au rassemblement ce qui est exceptionnel pour le pays, dans les rues de la capitale, Chisinau.

Le Parlement moldave ne contient qu’une seule cham­bre. Depuis dix ans, les communistes sont en recul et ils n’avaient obtenu que 37 % aux dernières élections locales de 2007. Leur défaite semblait donc possible.

Les 101 députés moldaves élisent le président de la république (actuellement, le communiste Vladimir Vo­ronine) dans les 45 jours qui suivent le renouvellement de la Chambre. Le poids des communistes en baisse ne leur permettait plus, logiquement, de peser sur la désignation du chef de l’Etat.

Ce sont les étudiants qui se sont mobilisés pour condui­re la protestation, mais ils se sont heurtés aux forces de sécurité ce qui a déclanché une série de violences. Le pouvoir a censuré les chaînes de télévision molda­ves et roumaines qui émettent dans le pays, la chaîne nationale n’a retransmis que l’intervention de Voronine, ainsi que… des émissions sportives !

Depuis le début des violences, il y a des difficultés à utiliser certains réseaux de téléphonie mobile. L’entrée des ressortissants roumains a été interdite, il y a com­me un climat d’état d’urgence.

L’OSCE a considéré que les élections s’étaient globa­lement bien déroulées et Moscou a estimé que l’organi­sation de nouvelles élections était « sans fondement ». Le soutien à Voronine étant un élément important face aux accusations faites par le gouvernement moldave à l’encontre de la Roumanie voisine.

La social-démocratie moldave est représentée par le Parti démocrate (PDM) qui a statut de membre consul­tatif dans l’Internationale socialiste et dont le PS fran­çais a reçu les dirigeants à plusieurs reprises – ils étaient présents au congrès de Reims. Leur résultat ne leur permet pas de siéger au Parlement.

Algérie : le FFS boycottera

l’élection présidentielle

Le Front des forces socialistes (FFS) de Hocine Aït Ahmed prédit un fort taux d’abstention lors du scrutin présidentiel prévu demain en Algérie. Selon le premier secrétaire du parti, Karim Tabbou, contrairement aux prévisions optimistes des autorités, « il y aura une écra­sante majorité qui boycottera l’élection ». « Le taux qu’ils vont annoncer, qui se situera autour de 70%, représen­tera exactement le degré de leur peur de la population », a-t-il ironisé. Karim Tabbou, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse au siège du parti à Alger, n’a pas lésiné, comme de coutume, sur les mots pour stigma­tiser le pouvoir rompu, à ses yeux, « aux procédés de terreur dignes de Staline ». « La campagne n’a mobilisé que la police et la gendarmerie. Sur le terrain, il y a une armée électorale qui utilise des procédés des années de plomb. C’est la campagne la plus chère de l’histoire du pays. En Kabylie et à Ghardaïa, il y a une mobilisation historique des services de sécurité. Il y a une opération de persécution des populations », dénonce-t-il.

« Une campagne où l’on fait semblant de bouger, mais pour laisser, en fait, tout en place », résume-t-il. Et le Président dont le nom n’est même pas évoqué par ses concurrents en a eu également pour son compte. « Il est géant dans les portraits. C’est un candidat du dégrè­vement fiscal et des permis de construire », ironise-t-il. Mais cette campagne a eu, cependant, quelques méri­tes, selon lui. Elle aura au moins permis une décanta­tion. « Pendant des années, la société a été prise en otage entre les militaires, d’un côté, et les islamistes, de l’autre. Aujourd’hui, il y a la société, d’un côté, et le régime avec ses appareils, de l’autre ».

Jeudi dernier, des milliers de militants et sympathisants du FFS (Front des forces socialistes) de Hocine Aït Ah­med - en exil à Lausanne - conduits par le premier se­crétaire du parti Karim Tabbou, ont marché, dans les rues de Béjaïa, en Kabylie, en brandissant des cartons rouges symbolisant le rejet de l’élection présidentielle.

Le FFS, principale formation de l’opposition démocra­tique, dont le bastion électoral se trouve en Kabylie et dans l’Algérois, fait partie des forces politiques algérien­nes hostiles à la tenue de l’élection présidentielle.

Cette élection, à laquelle participent officiellement cinq candidats, est dénuée de tout suspens, le président sor­tant Abdelaziz Bouteflika (72 ans), qui avait fait réviser la constitution le 12 novembre 2008 pour pouvoir briguer un troisième mandat, étant assuré d’être réélu.

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Bulletin du Secrétariat Europe - International du Parti socialiste


 

Les gouvernants de centre-gauche s’engagent à changer la donne au G-20

Un sommet au Chili de gouvernants de centre-gauche s’est achevé samedi 28 mars dernier par l’appel du vice-président américain Joe Biden aux manifestants anti G-20 de « donner une chance » aux gouvernements d’y formuler le cadre d’une croissance plus durable et partagée.

Le sommet de chefs d’Etats et de gouvernements «progres­sistes», 6e édition d’un forum initié en 1999 par Bill Clinton, se déroulait sur fond de manifestations en Europe qui ont rassemblé samedi des dizaines de milliers de personnes ex­primant leurs craintes ou leur hostilité avant le sommet du G-20.

Le forum chilien a entendu les appels de dirigeants du Sud à engager une réforme des institutions multilatérales, en premier lieu financières, en réponse à la crise économique qu’ils perçoivent comme la conséquence d’une «politique de casino».

La réunion, le 2 avril à Londres des 20 plus grands pays ri­ches et émergents (G20), est « perçue comme une excellente opportunité de répondre efficacement à la crise », relève la déclaration finale du sommet.

« Je comprends les actions (manifestations) qui se déroulent, et nous y répondrons au G-20 », a déclaré le Premier ministre britannique Gordon Brown, en écho à M.Biden.

La déclaration prend acte de la nécessité discutée par les pro­gressistes à Viña del Mar de « donner la priorité aux gens » dans la réponse politique à la crise, « pour qu’une récession économique ne devienne pas une récession sociale ».

Les dirigeants de centre-gauche « se rendent à Londres avec un sentiment d’optimisme », a déclaré la présidente hôte Mi­chelle Bachelet, reflétant un consensus à Viña del Mar sur la « redéfinition des règles du jeu » gouvernant l’économie et la finance mondiale.

Le vice-président américain Joe Biden a samedi délivré le message que la nouvelle administration de Barack Obama entendait jouer son rôle pour une telle redéfinition, « un pro­cessus qui va commencer au G-20 », selon lui.

Pour autant, il a défendu la poursuite « agressive d’un agenda politique national de relance » américaine : les Etats-Unis re­présentant 25 % du PIB mondial, « si nous ne relançons pas la pompe, on aura tous des problèmes », a-t-il dit.

Il a aussi appelé ses pairs progressistes « à ne pas réagir de façon excessive » à la crise. « Ce n’est pas un choix entre marchés contre gouvernements. Mais il s’agit de protéger le marché des partisans du libre marché », a-t-il résumé.

M.Biden a aussi rappelé à ses homologues de centre-gau­che, et à travers eux à la communauté internationale, que si l’administration Obama « pense global » et est à l’écoute, elle attend en retour davantage de solidarité, et d’initiatives.

« Vous n’aurez plus l’excuse de l’ancienne administration pour l’inaction. La bonne nouvelle c’est qu’il y a un changement » aux Etats-Unis. « La mauvaise nouvelle pour vous tous, c’est qu’il y a un changement », a-t-il plaisanté.

Joe Biden, interrogé par ailleurs sur Cuba, a écarté la levée d’un embargo économique, mais réaffirmé que l’administra­tion Obama était consciente de la « nécessité d’une transition dans notre politique à l’égard de Cuba ».

PS : des «avancées» au G20 mais il faut un «nouveau plan de relance»

Le Parti socialiste estime «Les conclusions du G20 marquent une avancée. Avancée sur la méthode, celle qui consiste à associer des pays représentant toutes les principales ré­gions de la planète» et «avancée sur le fond, concernant la relance de l’économie mondiale et des premières mesures de régulation», affirment dans un communiqué Michel Sa­pin et Jean-Christophe Cambadélis, secrétaires nationaux à l’Economie et à l’international.

Pour le PS, le fait que le FMI et la Banque mondiale voient leurs moyens renforcés est «une bonne nouvelle». «Des premières mesures de régulation de la finance mondiale sont prises» qui «vont dans le bon sens», ajoute le PS citant celles sur «les paradis fiscaux», «la réglementation des ni­veaux de rémunération», «les nouvelles règles pour sécuri­ser le système financier mondial.

«Il faut maintenant que les pays prennent les décisions qu’imposent les décisions du G20».

«La priorité numéro un reconnue par le G20 est la relance nécessaire de l’économie mondiale, qui passe par de nou­velles mesures de soutien à l’activité économique, dans cha­que Etat concerné».

Le PS «demande que la France mette enfin en oeuvre un véritable plan de relance de notre économie», pour soutenir «le pouvoir d’achat et de consommation». Il réclame aussi «des décisions rapides et effectives» pour «limiter les rému­nérations» des dirigeants des grandes entreprises.

«Il est nécessaire que Nicolas Sarkozy fasse à Paris ce qu’il a signé hier à Londres, en prenant les décisions qui s’impo­sent. Il ne peut avoir un discours à Londres d’un côté et une absence de décision de l’autre», prévient le PS.

Il rappelle que le 30 avril seront discutées à l’Assemblée na­tionale, à l’initiative du groupe PS, plusieurs propositions de loi allant dans ce sens.

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La mondialisation progressiste ? C’est possible !

La troisième édition du Forum progressiste global s’est tenue les 2 et 3 avril dernier à Bruxelles. Alors que les principaux chefs d’Etat de la planète étaient réunis à Lon­dres pour le G20, l’ensemble du mouvement progressiste se retrouvait pour apporter, au-delà de ses analyses, des éléments de réponse à la crise et proposer une alternative à l’ultralibéralisme.

Les socialistes étaient à Belém en hiver et à Bruxelles au printemps lors de deux rendez-vous importants pour la gauche, le Forum social mondial et le Forum progressiste global (FPG). Le Forum progressiste est le cadre dans lequel la social-démocratie a décidé d’élaborer ses répon­ses à la mondialisation libérale. Il a été formé en 2003 par le Parti socialiste européen, l’Internationale socialiste, la confédération européenne des syndicats et l’ONG So­lidar. Depuis, la confédération syndicale internationale a rejoint cette structure dont le premier président fut Poul Nyrup Rasmussen, aujourd’hui président du Parti socia­liste européen. L’actuel président du Forum est l’ancien président du Parlement européen, Josep Borrell.

Le Forum progressiste avait déjà tenu deux rencontres. Déjà à Bruxelles en 2003 et à Milan en 2005. Quelques socialistes français étaient présents comme Lionel Jos­pin, Harlem Désir, Kader Arif, Pascal Lamy, Henri Nallet ou Pervenche Berès… Outre les chefs des partis socia­listes et des dirigeants syndicaux, associatifs ou anima­teurs d’ONG, plusieurs personnalités politiques ou écono­miques débattent ensemble dans cette enceinte comme Dominique Strauss-Kahn, Amartyan Sen, Joseph Stiglitz, Taslima Nasreen, Howard Dean, John Sweeney, le pré­sident de l’AFL-CIO, Sanjeeva Reddy, des syndicats in­diens ou encore, Bill Clinton.

L’ancien président des Etats-Unis a fait un discours inau­gural au cours de ce forum de 2009 en suggérant que les progressistes incarnent désormais la génération du «  comment ». « Pour être crédible, il ne faut plus simple­ment parler de changement, mais dire maintenant com­ment nous allons changer le monde. Il faut transformer les bonnes intentions en changement possible ». Ce credo, « turning good intentions into possible change » demande un effort d’imagination et de volontarisme sans précé­dent. Pour Clinton qui confesse que « l’avantage pour un ancien président c’est qu’il peut dire ce qu’il veut, mais que l’inconvénient, c’est que personne n’écoute », « nous réussirons à relever les défis de la lutte efficace contre le réchauffement climatique si nous parvenons à démon­trer que cela crée des opportunités en matière de création d’emplois et de richesses. » « Quand je vois une poubelle remplie d’ordures, je vois des emplois et de l’argent » a-t-il dit symboliquement pour exprimer combien la génération du comment avait besoin d’imagination. Clinton a aussi appelé à ne pas prendre prétexte de la crise économique pour diminuer l’aide aux pays pauvres.

Si dans les allées du Forum progressiste, la réussite du G20 n’est ni froidement niée ni chaudement saluée, pour l’ensemble des intervenants, on ne peut plus concevoir de politique globale de régulation ou de réformes à l’échelle de la planète sans lier systématiquement les questions économiques aux questions écologiques.

Seuls les socialistes peuvent mettre sur la même scène les acteurs de la société civile tels que le Brésilien Chico Whitaker, le fondateur des Forums sociaux et des diri­geants de grandes institutions internationales comme Pascal Lamy, le directeur de l’Organisation mondiale du commerce. Il est normal que les progressistes se parlent et compréhensible qu’ils soient dans la controverse. Pour le premier, le G20, bien qu’il ait su passer du G8 – les pays les plus riches – au G20, les pays les plus incon­tournables – n’est pas un nouvel acteur et il n’a qu’un ca­ractère étatique. Il faut que les peuples aient leur mot à dire, d’où l’importance d’autres formes d’organisation et de décision. Pour Pascal Lamy, on ne peut plus aborder la politique sans prendre en compte les réalités de la géo­politique. Par ailleurs, bien qu’il existe des organisations internationales pour les travailleurs comme la Confédé­ration syndicale internationale par exemple, qui consacre l’unité du mouvement syndical au plan mondial, la réalité des rapports de force et le champ du possible se situent avant tout au plan local et national. Il s’agit donc de renfor­cer la gauche partout pour avancer ensemble et changer le monde.

Pierre Kanuty

Rencontres

Jean-Christophe Cambadélis a rencontré Ilan Halevi lun­di 23 mars dernier. Ilan Halevi représente l’OLP en Euro­pe et pour l’Internationale socialiste. Il a été vice-ministre des affaires étrangères de l’OLP dans le gouvernement de Mahmoud Abbas.

Pascal Affi N’Guessan, ancien Premier Ministre de Côte d’Ivoire, de 2000 à 2003), président du Front populaire ivoirien.

Ahmed Ould Daddah, candidat à l’élection présidentielle en Mauritanie en 2007. Il préside le Rassemblement des forces démocratiques (RFD), qui est le principal parti de l’opposition.

Un seminaire de travail a eu lieu samedi 4 avril entre Ho­ward Dean, ancien président du Parti démocrate améri­cain et les têtes de listes aux Européennes sur le thème des campagnes électorales

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En finir avec le leadership de Barroso

« Face à la crise gigantesque les Américains ont fait le choix de tourner la page du conserva­tisme et ont choisi un progressiste », « quelqu’un de remarquable », a affirmé Harlem Désir dans une allusion à Barack Obama, lors de son meeting aux Lilas.

« Au G20 » à Londres « en face du nouveau leadership américain », en Europe, « on a un Bar­roso conservateur qui est candidat a se succéder à lui-même », a ajouté l’eurodéputé sortant devant quelque 300 participants réunis dans un gymnase.

« Nous allons saisir ce bulletin de vote pour censurer Barroso », président de la Commission européenne « et ses représentants en France: Sarkozy, l’UMP et le Modem », a-t-il lancé.

« Je veux bien croire Obama », a-t-il ajouté, « mais lorsque j’entends que Sarkozy et Merkel plaident pour un capitalisme régulé, j’ai du mal à les croire. C’est le bal des faux-culs, ce n’est pas ce qu’ils veulent, la droite reste la droite, elle n’a pas changé », a-t-il affirmé mettant au défi le président Nicolas Sarkozy de « donner des preuves d’amour » en supprimant le bouclier fiscal.

Invité des socialistes français, Jo Leinen eurodéputé SPD allemand a dénoncé « l’idéologie néo-libérale désastreuse pour les salariés en Europe ».

« La crise c’est eux, la solution c’est nous », a affirmé un salarié de Magneto, venu avec ses camarades témoigner de leur grève dans cette usine de sous-traitance automobile.

Européennes : 1000 initiatives

Le PS va lancer pendant la campagne des élections européennes « mille initiatives dans toute la France », tiendra huit meetings nationaux en présence de Martine Aubry et sollicitera les leaders nationaux Laurent Fabius, Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, François Hollande.

Jean-Christophe Cambadélis, directeur de campagne, a expliqué qu’il concevait cette campagne en deux temps. Première orientation : une thématique de double sanction à l’égard de Nicolas Sarkozy et du président de la Commission européenne de droite, José Manuel Barroso.

Puis, après le 24 avril, date du premier meeting national à Toulouse avec Mme Aubry, le PS compte basculer dans une seconde phase, avec mille initiatives dont des visites d’usine, rencontres avec des ONG, en clin d’oeil aux 1.000 projets de relance du gouvernement.

Parallèlement, le PS compte tenir «un millier de réunions», dans toute la France «pour être au plus près des Français et motiver notre électorat».

Huit meetings sont prévus avec Martine Aubry. «Nous allons demander à l’ensemble de nos leaders nationaux de participer au maximum à ces réunions: Laurent Fabius, Ségolène Royal, François Hollande, Bertrand Delanoë», explique le député de Paris.

Ces européennes sont «une chance» car «les socialistes européens peuvent pour la première fois sanctionner la doite sortante en devenant majoritaire au Parlement européen et barrer la route à Barroso», souligne M. Cambadélis.

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