Partager l'article ! SCANDALE ET RETROACTION, LES PIEGES DE LA LUTTE CONTRE LES INEGALITES: Note de lecture de L’Économie des inégalités, de Thomas Piketty, La D ...
La base du métier, c’est l’indignation.
François Malye, Président des sociétés de journalistes,
Le Monde daté des 6-7 octobre 2007
Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.
Article 1 - Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789
Camille Landais, élève de Thomas Piketty, a défrayé la chronique fin juin 2007, quand Libération a repris, sous le titre « Au bonheur des riches », son étude sur les très hauts revenus en France sur la période 1998-2006. Il montre que sur cette période, le revenu des 90 % des ménages les moins riches a augmenté de 5 % (soit 0,6 % par an). Pour les 5 % les plus riches, cette augmentation est de 11 %. Pour les 1 % les plus riches, elle est de 19 %, et pour les 0,01 % les plus riches, elle est de 43 %. Les 1 % les plus riches percevaient 7,27 % des revenus français en 1998. En 2005, ils en perçoivent 8,20 %.
Plus on était riche, plus on s’est enrichi. Non seulement de par la forte croissance des revenus du patrimoine, mais aussi par une forte augmentation des inégalités de salaires. Il conclut : « de ce point de vue, la France rompt avec 25 ans de grande stabilité de la hiérarchie des salaires, et semble converger vers les modèles de rémunération des hauts salaires anglo-saxons. » Pour hoi polloi, « les nombreux », on constate à l’inverse une stagnation des revenus. L’évolution annuelle moyenne du revenu médian est, depuis 2002, de 0,03 % (de 1998 à 2002, 1,03 %) !
Les affaires du délit d’initiés d’eads et de la caisse noire de l’uimm couvrent nos quotidiens de montants financiers sidérants. Les cinquante patrons les mieux payés en France gagnent chacun 316 fois le smic, nous apprend-on cette semaine. Une stupéfaction résignée semble l’emporter, comme si ces informations venaient d’un autre monde que le nôtre et qu’elles ne nous concernaient pas. La redistribution « négative » opérée par le bouclier fiscal et par les 15 milliards de cadeau fiscal aux plus nantis ne semble pas non plus provoquer de réaction générale.
L’injustice sociale ne serait-elle plus un motif sérieux d’indignation et de mobilisation ?
Le fait est premièrement que le Président de la République exerce un monopôle de l’indignation. Au point que les journalistes semblent aujourd’hui aussi préoccupés par leur évincement de la sphère du scandale que par les restructurations financières des médias. La mainmise sur le quatrième pouvoir semble finalement facile en France, quand les médias n’assument pas de rôle d’investigation indépendante, se contentant de propager les scandales autorisés, et que leurs propriétaires sont très dépendants des décisions du chef de l’État.
En second lieu, il faudra examiner l’hypothèse de Peter Sloterdijk (Colère et temps, 2007) : « Si la gauche est nécessairement un mouvement “thymotique”, c’est-à-dire un courant qui rassemble, chez les expropriés et les désavantagés, la colère, la fierté et la volonté de se faire respecter, que peut-il rester de la gauche classique à une époque qui est dominée par l’avidité et l’érotisme, cette religion séculière qui domine l’affectivité du consumérisme avec un premier commandement : Tu désireras ce que les autres désirent à leur tour. » (Philosophie magazine, janvier 2007). Si ce diagnostic se confirme, la rénovation de la gauche ne pourra pas se contenter d’un « changement de logiciel » !
En troisième lieu, les inégalités sont l’un des réservoirs d’indignation les plus vastes et aussi les plus difficiles à vider, nous le verrons. Si elles ont été le moteur de la conquête du pouvoir, elles forment un piège pour la gauche de gouvernement. Celle-ci se voit aujourd’hui contrée par l’argument général « les inégalités n’ont pas diminué quand vous gouverniez », difficile à parer sans entrer dans des considérations techniques. Réviser à la baisse les objectifs pour être sûr de les tenir, méthode retenue pour la présidentielle de 2007, ne permet pas en revanche d’accéder au pouvoir pour le faire !
Enfin, s’esquisse le retour des valeurs de mérite, de distinction sociale (cf. Olivier Ihl, Le Mérite et la République, 2007). Autre versant de son monopôle de l’indignation, le Président exerce celui de la fabrication des héros anonymes (le répétitif panégyrique de Rachida Dati ou l’étonnante manipulation de Jilali El-Mrabet…). Mais on a pu constater également une aversion croissante aux revendications monolithiques syndicales, qui finissent par s’opposer à toute promotion dans l’entreprise par exemple (cf. note sur Thomas Philippon). Le discours de gauche de la lutte contre les inégalités a été de tout temps caricaturé par la droite libérale en un discours « holiste » de haine contre l’initiative individuelle et notamment entrepreneuriale. Il faut évidemment s’alléger des nostalgies du bureaucratisme centralisé qui sans doute persistent ici ou là. Mais le discours de gauche contre les inégalités ne doit-il pas surtout cesser d’être une source de défiance et de division dans la société ?
L’un des mérites du livre de Piketty est de sérier les inégalités et de tester les effets directs et indirects de la lutte contre elles. On en sort édifié sur la difficulté, dans une économie ouverte et dans un contexte réglementaire très instable, de mesurer l’efficacité empirique des mesures prises.
Piketty commence par donner une définition de la justice sociale : « si l’inégalité est due, au moins en partie, à des facteurs que les individus ne contrôlent pas, comme l’inégalité des dotations initiales transmises par la famille ou par la bonne fortune, ce dont les individus concernés ne peuvent être tenus pour responsables, alors il est juste que l’État cherche à améliorer de la façon la plus efficace possible le sort des personnes les plus défavorisées, c’est-à-dire celles qui ont eu à faire face aux facteurs non contrôlables les plus défavorables. » (p. 4)
La lutte contre les inégalités doit donc porter en priorité sur les conditions de formation du « capital humain », « notion très générale, puisqu’elle inclut les qualifications proprement dites (diplômes…), l’expérience et, plus généralement, toutes les caractéristiques individuelles qui ont un impact sur la capacité à s’intégrer au processus de production de biens et services demandés. » (p. 64).
Plusieurs fiches de lecture ont abordé ce sujet : l’importance des politiques égalitaires de formation dans le développement des pays (p. 54), l’importance du voisinage dans la réussite scolaire et professionnelle (p. 78), l’importance de l’enseignement élémentaire (p. 75), les effets auto-réalisateurs de la discrimination et de la réciprocité négative (p. 80), l’implication des entreprises allemandes dans les centres d’apprentissage (p. 87)… On ne peut que conclure avec Piketty que « la formation et la redistribution de l’inégalité du capital humain sont donc la question centrale. » (p. 73).
Nous ferons néanmoins avec lui un détour par les inégalités de revenu avant d’en reparler.
Les inégalités de revenu sont, comme l’insécurité, des phénomènes à la fois évidents et impossibles à épuiser par la mesure objective.
« On peut dire que l’inégalité entre les 10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres d’un même pays, qui peut se mesurer par un écart P90/P10 de l’ordre de 3-4, est environ 2 à 3 fois inférieure à l’inégalité des niveaux de vie dans le temps entre la fin du xixème siècle et la fin du xxème siècle et à l’inégalité dans l’espace entre les pays riches et les pays pauvres. » (p. 17)
Sur un temps plus court, ou entre pays riche, cette mesure des inégalités de revenu des ménages est moins aisée. Au milieu des années 1980, les pays scandinaves affichent un écart P90/P10 (ajusté à la taille des ménages) inférieur à 3, indicateur supérieur à 5,9 aux États-Unis, et proche de 3,5 pour la France (p. 15). Ces inégalités recouvrent des structures de revenu très différentes selon les déciles, et il est bien difficile de rattacher cet indicateur global à notre « perception » du phénomène.
Les revenus de la moitié la plus pauvre des ménages proviennent majoritairement des transferts sociaux et de la retraite. Inversement, les revenus de la moitié la plus riche des ménages proviennent majoritairement des salaires (p. 8).
Si l’on ne prend pas en compte les transferts, « l’inégalité des revenus du travail entre personnes en âge de travailler, et non entre salariés effectivement employés, a augmenté considérablement en France depuis la fin des années 1970, à un rythme comparable à celui des pays anglo-saxons. Qu’elle prenne la forme de l’inégalité face à l’emploi ou de l’inégalité face au salaire, l’inégalité réelle des revenus du travail a donc augmenté dans tous les pays occidentaux depuis les années soixante-dix. » (p. 22). Assurer de bons transferts sociaux pour compenser la perte d’activité (retraite, chômage, rmi…) est donc la condition première pour réduire les inégalités de revenu entre les ménages.
L’inégalité salariale pose avant tout un problème théorique. Pourquoi les patrons du cac 40 touchent-ils 316 smic ? « La théorie la plus simple pour expliquer l’inégalité des salaires est que différents salariés apportent des contributions différentes à la production de leur entreprise. » (p. 63). Cette théorie connaît des raffinements élaborés (dont le skill-biased technological change), mais tous aussi insatisfaisants. Une autre théorie explique que la mise en concurrence entre les salariés les moins qualifiés du Nord avec les salariés du Sud aurait causé la montée des inégalités salariales, mais elle ne tient pas non plus (p. 69).
Piketty ne le formule pas ainsi, mais les rapports de force sont la seule explication valable. Les hauts revenus mettent les entreprises en concurrence, tandis que pour les bas revenus, l’employeur est souvent dans une position de monopsone. (« on dit qu’il y a une situation de monopsone lorsqu’il existe un seul acheteur possible pour un bien donné, par opposition aux situations de monopôle où il existe un seul vendeur possible pour un bien donné. » p. 88). Pour certaines populations captives, du fait de leur territoire ou de leur niveau de capital humain, la fixation d’un salaire minimum est la seule façon de garantir un minimum de justice sociale.
De fait, la puissance des syndicats est « un élément majeur d’explication des évolutions contrastées des inégalités salariales dans les pays occidentaux depuis les années soixante-dix, qui expliquerait entre 20 % et 40 % des écarts observés. » (p. 85) Le maintien d’un pouvoir syndical relativement fort est un facteur de maîtrise de l’évolution des inégalités salariales. « Le cas de la France est assez spécifique, puisque l’inégalité des salaires français était la plus élevée du monde occidental en 1970, avant de diminuer rapidement pendant les années soixante-dix et de se stabiliser pendant les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix » à un niveau intermédiaire entre les pays scandinaves et les pays anglo-saxons (p. 20).
Mais il ne faut pas oublier que la modération des inégalités de salaires se fait parfois au prix d’un chômage plus fort… et donc d’inégalités de revenus plus importantes.
C’est seulement pour les 0,01 % les plus riches que les revenus du patrimoine devancent les revenus du travail (cf. Landais, cité en introduction). On peut y lire la conséquence de l’impôt progressif sur le revenu créé en 1914 et de l’impôt progressif sur les successions créé en 1901, qui ont empêché la reconstitution, après la première guerre, de la société de rentiers du xixème siècle (p. 19).
En analysant, sur la période 1920-1995, pour les États-unis, le Royaume-Uni et la France, le partage de la valeur ajoutée des entreprises entre rémunération du capital et rémunération du travail, on se convainc que « la répartition profits/salaires semble toujours graviter autour d’un partage accordant un tiers au revenu du capital et deux tiers au travail. » (p. 38). Par ailleurs, cette répartition se traduit par « une part des revenus du capital effectivement perçus par les ménages typiquement de l’ordre de 10 % du revenu total des ménages. » (p. 42).
Cette « constante » économique n’empêche pas des variations : en 1995, le partage capital/travail était de 40/60 en France, et de 32/68 au Royaume-Uni. En 1980, il était de 28/72 en France… (p. 39).
Piketty en tire en tout cas un enseignement : « Qui a payé les cotisations patronales ? certainement pas les patrons, puisque la part du revenu du travail dans la valeur ajoutée, qui inclut toutes les cotisations sociales payées pour les travailleurs, n’a pas augmenté entre 1920 et 1995. (…) cela implique que les systèmes modernes de protection sociale, qui constituent le cœur de la redistribution contemporaine (l’impôt sur les bénéfices représente 1,5 % du pib en France en 1995, contre près de 20 % pour les cotisations sociales), et qui ont été fondées sur l’idée d’un partage des dépenses sociales entre capitalistes et travailleurs, n’ont en fait effectué aucune redistribution du capital vers le travail : ce sont les revenus du travail qui en ont entièrement absorbé le coût. » (p. 43). De fait au Danemark il n’existe aucune cotisation sociale, le système de protection sociale étant entièrement financé par l’impôt sur le revenu.
« les justifications pour une taxation redistributive et transparente du capital et de ses revenus ne manquent pas, que ce soit en termes de pure justice sociale (…) ou en termes d’efficacité économique (…). » (p. 60). Un outil simple, « la flat tax (impôt universel à taux unique) (…) pourrait bien convenir à la réalité contemporaine des revenus du capital. » (p. 61)
Cependant, « la taxation des revenus du capital pose des problèmes considérables dans un monde où l’épargne et l’investissement sont mobiles internationalement et où les États choisissent leur niveau de redistribution indépendamment les uns des autres, en tentant d’attirer le maximum d’investissements. (…) De fait, le manque de coordination entre États explique en grande partie pourquoi l’imposition des revenus du capital a été sensiblement allégée dans tous les pays européens pendant les années quatre-vingt/quatre-vingt-dix. Seul le fédéralisme fiscal, c’est-à-dire la taxation du capital au niveau géographique et politique le plus large possible, permettrait de mettre en place la redistribution capital/travail optimale du point de vue de la justice sociale. » (p. 35).
L’exemple des cotisations patronales le rappelle avec cruauté, en matière de redistribution, « on ne peut pas se contenter de regarder qui paie : il faut également prendre en compte l’incidence de la redistribution proposée sur l’ensemble du système économique. » (p. 30) « Tous les impôts payés par les entreprises ne produisent pas les mêmes effets en termes de redistribution effective. » (p. 31)
C’est un problème posé à la gauche : « Accepter le rôle allocatif du système de prix, et proclamer par exemple la supériorité de la redistribution fiscale sur les manipulations de la redistribution directe, cela revient à dire que seul l’égoïsme individuel peut permettre à un système économique complexe de décider correctement comment allouer ses ressources. Or, c’est précisément le refus de ce fatalisme et l’espoir en d’autres modes d’organisation économique plus solidaires qui caractérisent l’attitude traditionnelle de la gauche à l’égard du marché et de l’inégalité sociale en général, et de la redistribution capital/travail en particulier, et qui continuent d’entretenir ce scepticisme de gauche à l’égard de la fiscalité comme outil privilégié de la justice sociale. » (p. 36).
« Il est en effet difficile d’accepter l’idée que les prix, éventuellement très inégaux, accordés au travail de différents individus, ont un rôle allocatif utile à jouer et doivent donc s’ajuster librement, tout en reconnaissant que l’inégalité des revenus qu’ils engendrent est injuste et doit être corrigée au moyen d’impôts et de transferts. » (p. 71)
La remise à plat de la fiscalité est une chimère, malgré les bénéfices évidents en matière de justice sociale — « la proportionnalité des cotisations sociales l’emporte largement sur la progressivité de l’impôt sur le revenu. » (p. 96).
L’examen des « taux marginaux » traduit également que l’on réserve les transferts sociaux à ceux qui n’ont aucun revenu d’activité et on en exclut les bas salaires, en créant des « trappes à pauvreté ». Le revenu de solidarité active (rsa) cherche à gommer ces effets de seuil pour les bas salaires. En revanche, les taux marginaux des hauts salaires sont relativement faibles, et cette incitation à augmenter les hauts salaires ne s’explique pas rationnellement !
D’autres perversions apparaissent ici et là dans notre système… « L’inégalité fondamentale face à la retraite est l’inégalité des espérances de vie (…). Les études disponibles prenant en compte l’ensemble du système de retraite français indiquent que pour 1 Franc de cotisations versées pendant la vie active, les cadres supérieurs touchent pendant leur retraite une pension totale qui est de plus de 50 % plus élevée que celle touchée par les ouvriers. Autrement dit, les retraites opèrent une redistribution à l’envers : en moyenne, une partie importante des cotisations des ouvriers finance la retraite des cadres supérieurs. » (p. 112). L’enseignement supérieur public peut lui aussi être vu comme une redistribution des bas revenus vers les revenus élevés, notamment en France (p. 113).
Un des côtés les plus frustrants de l’ouvrage de Piketty est qu’il présente des moyennes désincarnées. Or la dynamique des inégalités porte moins sur l’ensemble de la population à un moment donné que sur le « profil longitudinal » des individus. Tout au plus mentionne-t-il que « cette croyance française en la méritocratie éducative s’exprime également par une très grande fixité des écarts de salaire une fois le diplôme obtenu, comparée par exemple à la mobilité salariale au cours d’une vie, beaucoup plus élevée en Allemagne, ce qui est moins inégalitaire mais sans doute tout aussi incitatif. » (p. 93). On se rabattra donc sur Chauvel pour comprendre les dynamiques des inégalités réelles et perçues par les générations.
Notamment, Piketty en convient, certaines inégalités n’ont pas de réponse économique, mais humaine : « Certaines inégalités à fondement grossièrement discriminatoire, comme l’inégalité Blancs/Noirs ou l’inégalité hommes/femmes, sont beaucoup plus influencées par l’affirmative action et l’évolution des mentalités que par toutes les redistributions fiscales du monde. » (p. 82)
La position de Piketty à propos des luttes sociales est mesurée. D’une part la stabilité, sur le long terme, de la répartition capital/travail dans la valeur ajoutée lui permet de conclure que « ce ne sont pas les luttes sociales et la diminution de la part des revenus appropriés par les capitalistes qui ont permis que le pouvoir d’achat de l’ouvrier français soit multiplié par 4 environ entre 1920 et 1990. » (p. 42). D’autre part, il convient que « sur une période de vingt-cinq ans (1970-1995) (…) : la part des profits diminue quand les luttes sociales permettent d’arracher des augmentations de salaires importantes (1970-1983), et elle augmente quand on impose la rigueur aux salariés (1983-1995), sans d’ailleurs que cela se traduise par les créations d’emploi promises. » (p. 47)
Il en conclut, comme pour le regretter, qu’« il est donc inévitable que la redistribution soit d’abord pensée et vécue en termes de luttes sociales et d’augmentations de salaires, et non en termes de réforme fiscale et de transferts fiscaux. » (p. 48)
Sortir de l’affrontement et assurer une redistribution fiscale plus juste : les propositions de Piketty requièrent comme préalable l’apaisement de notre société, qui, pour être sans doute la seule piste de progrès durable pour chacun de nous, ne peut relever de son aride approche économique.
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sb